C’était en « une » du Journal Le Soleil vendredi dernier; de quoi réjouir ceux qui sont freinés par la pénurie de terrains à développer à Québec et de quoi faire saliver le maire Labeaume.
Et pour couronner le tout, un habile montage financier fait de ce gigantesque chantier une œuvre philanthropique d’envergure orchestrée par Michel Dallaire, président et chef de la direction de Cominar. Wow! Que c’est enthousiasmant me suis-je dit en m’empressant de partager la nouvelle sur la page Facebook d’ADN architecte. Mais voilà que le mouvement de contestation s’organise déjà…

Dans le même article du Soleil, les 2 groupes d’agriculteurs voisins, toujours actifs, rue du Vignoble, crient à l’expropriation déguisée. Ils se souviennent de l’augmentation salée de leurs taxes municipales de 2013 (elles sont passées de 2200 » à 23 000$) et craignent une nouvelle vague de spéculation. À première vue, on ne peut pas les blâmer…

Mais au lieu de crier au loup et de n’y voir qu’une menace, ne peuvent-il pas aussi y voir une opportunité? Quel commerçant ne serait pas heureux qu’on lui amène 6500 nouveaux clients potentiels à sa porte? Et si ces agriculteurs devenaient les « fermiers de famille » de ces nouveaux résidents? L’augmentation de valeur de leur exploitation ne compenserait-elle pas largement les hausses de taxes?

Et l’UPA qui en rajoute!

Mme Jacynthe Gagnon, présidente régionale de l’UPA pour la Capitale-Nationale, brandit le spectre de la sauvegarde du patrimoine. Peut-on dépasser le premier réflexe? Au lieu d’opposer développement et sauvegarde du patrimoine, ne peut-on pas se concerter et concilier les deux. Les concepts d’agriculture urbaine et de fermes verticales sont-ils uniquement pour la science- fiction? Les expertises comme celle les serres Lufa, qui cultive en ville sur les toits de grands entrepôts ne seraient-elles pas très à propos dans un tel projet. Et que dire aussi de la ferme Hendrix, en Outaouais, dont le sauvetage miraculeux permettra d’offrir des légumes bios à un développement immobilier de 300 unités?
Dézonage requis
Nous avons la chance, le processus de dézonage sera long. Unissons nos forces pour faire de ce projet un modèle. Privilégions la multidisciplinarité plutôt que de défendre aveuglement nos chasses gardées. Quel beau projet enthousiasmant. Et quel bel héritage pour les générations futures!