Imaginez que vous êtes architecte, que votre employeur vous demande de préparer des esquisses pour un complexe multifonctionnel comprenant une tour de 65 étages, dans un secteur où le zonage en permet 29 … 2 possibilités :

1)  vous acceptez en vous disant que ce sera le plus beau coup de votre carrière;

2)  vous refusez en prétextant que ce n’est pas ce qu’il faut pour le secteur et que c’est en contradiction avec ce que vos études d’urbanisme et d’architecture vous ont appris.

Gageons qu’entre les 2 possibilités, pendant les 18 mois de tergiversations entre la Ville et le Promoteur, il y a tout un monde que tout le monde ne connait pas… oserais-je dire qu’il y a, pour employer une expression à la mode, cinquante nuances de … Le but ici n’est pas de donner mon opinion sur Le Phare de Québec, mais de démontrer la complexité de ce genre d’opération immobilière en raison des nombreux intervenants et des différentes perceptions. Régis a son Phare, le Premier Ministre ne peut que se réjouir d’un investissement privé d’une telle envergure pour la Capitale, Groupe Dallaire laisse définitivement sa marque dans le paysage de Québec, les journalistes ont de quoi publier quatre à cinq pages par jour depuis l’annonce, et selon le sondage d’hier, 72% de la population appuie le projet.

Image tirée du Journal de Montréal, 18 février 2015

Il y a bien sûr eux qui critiquent Le Phare de Québec.

Québec a toujours son contingent de « contre » bien aguerri; Même une association de 350 architectes indignés  décrient le travail de confrères (plutôt, 75 jeunes architectes, 10 qui refusent de se nommer, et le reste en stagiaires et étudiants…).  La morale de cette histoire me rappelle la fable du lièvre et de la tortue : Rien ne sert de chialer après que tout est décidé, mieux vaut s’impliquer plus en amont. Notre cadre bâti, ça nous concerne tous!  Cette saga, qu’est Le Phare de Québec, n’est-elle pas le témoignage éloquent qu’il nous faut une Politique Nationale de l’Architecture?!…