Avec le confinement et la distanciation sociale, l’environnement dans lequel nous vivons est devenu un besoin essentiel, voire même primordial.  La crise actuelle nous conscientise à l’importance de la qualité de nos aménagements.

Différentes pistes de solutions sont étudiées par les spécialistes en architectures dans le but d’éviter les inconvénients et limiter les risques si une telle crise avait à se reproduire dans les années à venir.

Le besoin d’un espace dédié à l’activité professionnelle est mis en évidence par le télétravail ainsi que le besoin d’espace aménagé à l’extérieur du milieu traditionnel de travail.  Selon une étude menée par Statistique Canada, 32 % des employés canadiens âgés de 15 à 69 ans effectuaient la plupart de leurs heures de travail à partir de la maison au début de 2021, comparativement à 4 % en 2016.

« Bien que le nombre de Canadiens travaillant à partir de leur domicile ait reculé de 200 000 en février, le travail à domicile demeure une mesure d’adaptation importante en réponse à la pandémie de COVID-19. Parmi les 5,2 millions de Canadiens travaillant à domicile en février 2021, plus de la moitié (3,1 millions) le faisait sur une base temporaire en réponse à la COVID-19. » – Source Statistique Canada

Les impacts de la pandémie en lien avec l’architecture

La productivité des firmes d’architectes, comme bien d’autres entreprises, est quelque peu affectée en raison du télétravail, qui s’avère parfois moins efficace (accès difficile à des renseignements ou des appareils, confidentialité, espace de travail inapproprié ou complexité avec la vitesse d’Internet), de la disponibilité du personnel et des collaborateurs (clients, consultants, entrepreneurs) qui doivent jongler avec la quarantaine, la garde d’enfants, etc., du manque de main-d’œuvre qui représente un fléau important dans notre société.  Pour toutes ces raisons, la productivité ne peut pas être maximale.

Le manque de main-d’œuvre…

Des contrats doivent être refusés par plusieurs entreprises ou la production doit être réduite en raison du manque de main-d’œuvre.  C’est l’économie québécoise qui est grandement touchée par ce désastre : près de 150 000 postes vacants au Québec selon un article paru dans le Journal de Québec. L’épuisement des ressources, la maladie, le départ hâtif à la retraite dû à la pandémie représentent quelques raisons de ce manque de main-d’œuvre.

Un sondage mené par le Conseil du patronat du Québec auprès de ses membres révèle que :

« 94 % des entreprises québécoises font face à un enjeu de main-d’œuvre, et ce, dans tous les secteurs d’activités et dans toutes les régions de la province. »

Quand il est question de baisse de productivité, nous parlons plus spécifiquement de production de plans et de devis, de concepts, de tâches de coordination et du développement des affaires, à des degrés variables.  La créativité, les échanges, les liens sociaux et la coordination se voient également touchés par cette pandémie.

Certains projets incontournables du secteur de la santé et de l’éducation ont dû être priorisés ce qui a pour effet l’annulation ou le report, désolamment, d’autres projets importants.  Certains délais sont restreints autant au niveau de la réception d’un produit que de la mise en œuvre, l’implantation et la finalisation d’un projet.

L’augmentation du prix des matériaux…

L’augmentation du prix des matériaux est également très significative et non, sans conséquence et, par le fait même, engendre une augmentation du prix des maisons.

« La hausse fulgurante du prix du bois d’œuvre pourrait ajouter jusqu’à 10 % au coût de construction d’une maison au Québec. » – source La Presse

Il est question d’une hausse de 300 % des prix du bois (OSB) en 12 mois.  Et, malgré cette hausse, le nombre de mises en chantier est en explosion partout au Canada.

« Normalement, 200 000 nouvelles maisons sont construites par année au Canada. On prévoit cette année entre 225 000 et 250 000 nouveaux chantiers.

Le Québec ne fait pas exception. Il se construit normalement 45 000 maisons au Québec, bon an mal an. On en prévoit cette année pas moins de 60 000. Et selon le plus récent rapport de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, les mises en chantier de février avaient grimpé de 59 % par rapport à la même période il y a un an. » – source Journal de Montréal

En raison de la hausse des prix des matériaux, certaines personnes voudront se tourner vers l’acier plutôt que le bois ou envisageront des solutions de rechange dans des composantes ou des matériaux de construction recyclés.

Compte tenu des vacances et plusieurs événements reportés ou annulés, la rénovation devient aussi une façon de se servir de l’épargne accumulée pendant la pandémie pour améliorer et préserver notre habitat.

« 66 % des Québécois souhaitent effectuer des travaux de rénovation cet été. Et on parle d’environ 11 000 à 14 000 dollars d’investissement. » – source Journal de Montréal

La situation pandémique dans laquelle nous évoluons depuis plus d’un an suscitera un grand nombre de changements importants ayant des impacts significatifs sur les espaces publics tant au niveau des bureaux, des centres commerciaux et des hôtels.

L’après-pandémie et l’architecture – l’habitat post-Covid

Des spécialistes s’entendent sur le fait que certains espaces deviendront de plus en plus automatisés dans le but de restreindre toute possibilité de contagion.  Lorsque nous parlons d’automatisation, nous faisons principalement référence aux technologies sans contact comme les ascenseurs et l’éclairage intelligent avec commande vocale ou capteur infrarouge, les portes automatiques, les serrures contrôlées par téléphone intelligent, les toilettes intelligentes, les robinets et distributeurs de savon automatiques et bien plus.

Les architectes modifieront leur façon d’envisager et de concevoir les espaces résidentiels, publics et commerciaux.  La sécurité sanitaire, le bien-être et le confort des individus font et feront toujours partie des préoccupations que les architectes ont à considérer lors de la conception de ces espaces.

Au niveau commercial, nous parlons de moins grande compacité d’individus, d’aires communes plus spacieuses, de ventilation adéquate et d’espaces plus intimes épurés, voire assainis.

L’architecture dans les hôpitaux sera à repenser autant dans l’organisation des chambres et des corridors, dans le choix des matériaux, la ventilation, les espaces destinés à l’arrivée des patients qu’à la décontamination.

Au niveau résidentiel, par pérennité du télétravail, le bureau à domicile deviendra la composante quasi essentielle dans l’aménagement des projets résidentiels.  Nous parlons d’une aire de travail ergonomique, confortable, productive qui permet la concentration, l’inspiration et l’innovation.

Les architectes sont et seront d’autant plus outillés pour améliorer, magnifier et adapter notre milieu de vie pour nous apporter tout le bien-être tant mérité.

Chaque crise apporte sa leçon :

« Le choléra, une infection virulente causée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés, a incité les villes à améliorer le système d’aqueducs. Au début du 20e  siècle, il a été démontré que des lieux lumineux et bien aérés favorisaient la guérison des personnes atteintes de tuberculose. Les épidémies forcent à l’innovation. La crise sanitaire actuelle n’y fera pas exception. »

Il a été également question d’un hôpital de campagne en plein air lors de la pandémie d’influenza de souche H1N1 dite « grippe espagnole » en 1918-1919 où une dose de soleil et d’air frais étaient les mots d’ordre de guérison.

Pour faire suite à la crise actuelle, le choix des matériaux et les formes architecturales pourront être questionnés.  La ville et l’architecture pourraient être repensées pour contribuer à la santé de la population.

Il n’y a pas de limite à ce que le spécialiste de l’architecture peut créer et accomplir tout en jonglant avec les contraintes et les opportunités!

Et vous, en quoi cette pandémie affectera-t-elle vos besoins que ce soit dans votre habitation principale ou au travail?